Après le 1er tour des présidentielles

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« Une page s’est tournée, reste à savoir laquelle…« 

C’est le début du message que m’a envoyé un ami, philosophe de son état. Cette formule résume bien les choses. On peut même y rajouter la suite suivante: reste à savoir quelle sera la prochaine page, voire si nous resterons dans le même chapitre, ou même livre…

Il est encore tôt pour tirer les leçons du scrutin de dimanche dernier. Mais quelques points le semblent saillants.

I – Remercier Emmanuel Macron pour avoir donné un débouché positif à cet énorme besoin de renouvellement.

Il y a dans la démarche d’En Marche plusieurs points qui me séduisent. Nécessité d’inventer de nouvelles formes d’engagement, ouverture sur la société civile et absence de sectarisme politique, application au cadre politique de méthodes venues de l’univers du numérique… Autant de choses que j’ai pu faire ou tenter de faire dans mes différentes responsabilités politiques, locales ou nationales.

Il y également des forts points de divergences idéologiques. J’ai en mémoire quelques uns de nos échanges lors de nos quelques mois communs à l’Élysée ou plus tard lorsqu’il était Ministre. Ces divergences ont fait que je ne l’ai pas rejoint, malgré plusieurs opportunités.

Mais Emmanuel Macron a un mérite immense. Il a su incarner par l’espoir, la bienveillance, l’ouverture sur ce besoin d’autre chose.

S’il l’emporte le 7 mai au soir, la France sera bien la France. Notre pays donnera un coup d’arrêt à la série néfaste qui traverse le monde: Brexit, élections de Trump, référendum gagné d’Erdogan pour ne parler que des plus connus…

C’est pour cela que mon vote du second tour ne sera pas juste un vote d’empêchement mais aussi d’espoir. Vigilant toutefois.

II – Avoir conscience de la colère croissante dans notre pays et de ses béances.

Je le dis souvent. 2005 a été pour moi une année charnière pour notre pays. La large victoire du non au référendum et les semaines d’émeutes en banlieue étaient deux cris d’alarme.

L’hystérie sarkoziste, la crise financière puis la vague terroriste les ont fait passer au second plan.

Pourtant, ils sont plus présents que jamais. Il faut les entendre, et pas juste les fustiger. Il faut leur répondre, et pas seulement les mépriser. En ce sens, la question sociale et la protection qu’elles nécessitent sont plus que jamais d’actualité. Il y a un devoir d’ouverture, d’écoute, de compréhension…

Y compris dans les jours qui viennent. La présence une nouvelle fois du front national au second tour de la Présidentielle ne peut être banalisée. Il faut faire en sorte de limiter au maximum son score dans quelques jours.

III – Ouvrir les portes, ouvrir les fenêtres, ouvrir les esprits…

Comme toujours dans notre pays, il y a une prochaine élection: législatives, puis sénatoriales, puis assez vite européennes, puis locales….

Ces élections font que les partis ont tendance à se rassembler, souvent de manière artificielle, pour gagner ou limiter la casse. Les réactions d’hier et de ce matin en sont la preuve.

Pourtant, nous avons un devoir d’ouverture absolue.

Au reste du monde.

La jeunesse d’Emmanuel Macron est une exception dans notre Histoire politique. Moins ailleurs. Obama, Blair, Trudeau… accèdent au pouvoir aux alentours de 45 ans.

Le Partis socialiste connaît une crise majeure. C’est le cas de presque tous les partis sociaux démocrates en Europe. Même si les prochaines élections en Allemagne peuvent mettre fin à ce cycle infernal.

A l’Histoire. Et probablement plus vers la fin du XIXe siècle que dans les années 30 ou à fortiori le congrès d’Épinal.

S’ouvrir aux autres aussi, y compris aux nôtres, j’allais dire.

IV – Agir local. Penser global. Agir global. Penser local.

Aujourd’hui tout est interconnecté. En même temps, nos œillères ont rarement été aussi opacifiantes.

Il me paraît fondamental de bien avoir cette vision globale. De ne pas céder à nos égoïsmes, à notre myopie intellectuelle, à la glorification de nos réussites mêmes si tout cela est rassurant.

Nous restons dans une période de bascule. Notre modèle ne fonctionne plus. Et les temps à venir peuvent être très mauvais;

Donc, à nous de jouer.

Je le ferai avec Bordeaux et sa métropole comme abscisse, le débat d’idées et les valeurs de gauche comme ordonnée.

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Attentat sur les Champs Elysées

Hier soir, ces 16 derniers mois et dimanche prochain.

La France a donc hier soir été victime une nouvelle fois d’un attentat. Hugo Micheron, jeune et très brillant spécialiste de Daesh indiquait ce matin à la radio que c’était la quinzième attaque dont notre pays est victime depuis l’attaque de Charlie.

C’est en tout cas la première fois, que je n’étais pas à l’Élysée au moment du drame. La première fois que j’ai eu l’information comme tout le monde. Pas de SMS d’alerte. Pas d’information privilégiée. La première fois que j’étais spectateur, que je n’ai pas eu à me poser la question: que faire – ne rien oublier- ou ne pas faire – surtout ne pas déranger. La première fois que la tension était moindre donc. Pas question de déranger mes anciens collègues pour en savoir plus. J’ai trop connu ces moments mêlant concertation, rapidité et mise à distance de ces émotions. Même si elles vous rattrapent toujours.

Alors, j’ai regardé, écouté, observé. Je me suis inquiété de savoir où était ma fille dans Paris. J’ai été transpercé par cette douleur quand je me suis mis à penser aux victimes, à leur famille, à ce jeune policier.

J’ai constaté l’incroyable montée en puissance des forces de l’ordre pour réagir, se mobiliser, se coordonner depuis janvier 2015. J’ai une nouvelle fois été impressionné par ces hommes et femmes. Reconnaissant. J’ai été sensible à l’action du Ministère de l’Intérieur qui doit mener de front la réplique mais aussi contenir les rumeurs, les paniques… L’usage quasi immédiat et extrêmement précis des comptes twitter du Gouvernement, du Ministère, de la Préfecture de Police et des secours. La pertinente intervention du porte-parole.

J’ai été pétri une nouvelle fois d’admiration par François Molins. J’ai eu l’occasion de le croiser, de discuter avec lui plusieurs fois. Il fait partie de ces personnes qui ont permis de déjouer, démasquer mais surtout d’empêcher que le pays bascule. Là aussi. Rapide, extrêmement précis, d’une solidité rare.

Et j’ai aussi suivi les réactions de nous les politiques. J’ai été beaucoup moins convaincu. Pas de tous bien sûr, mais une impression bizarre dans l’ensemble. Cet absolu besoin de réagir, de twitter sa compassion, sa solidarité et surtout de dire « j’existe ». Ces réactions trop rapides autour du second décès, rapidement démenti. Ces soi-disant autres événements dans Paris énoncés en direct sur le plateau télé. Alors qu’il n’en était rien…

Et puis il y a un autre Nous bien sûr. Nous, les françaises et les français. Bien sûr inquiets, saisis d’effroi, de colères… Mais aussi de dignité, de discernement, de robustesse…

J’ai foncièrement confiance en leur réaction.

Cet attentat – qui arrive après de nombreux autres déjoués récemment – ne se produit pas par hasard. Ni dans son lieu. Ni dans sa date. En attaquant la France avec cette brutalité, cette répétition, Daesh cherche à nous effrayer, à nous déstabiliser. Mais cela n’est jamais vraiment arrivé. Nous avons connu des chocs comme jamais depuis plus d’un demi-siècle. Et nous avons continué. A vivre. A travailler. A râler.

Face à tous ces attentats, les Françaises et les Français ont été à la hauteur. Globalement. Constamment.

Dans 48 heures, plus de 45 millions d’électeurs vont être appelés à se prononcer. L’abstention sera probablement forte.

Mais quitte à paraître naïf – ce qui n’est pas forcément ce qui me caractérise le plus – je suis confiant pour cette élection présidentielle. Pour le choix qui va être fait.

Le débat n’a en effet pas été à la hauteur. Les affaires ont pollué, empêché les vrais questions…

Mais en même temps, on a bien vu deux types de candidats. Ceux de la vindicte. Ceux de l’espoir. Avec bien sûr des nuances.

Ceux de la France qui croît en son avenir, ceux de la France qui se rabougrit. Ceux de la France ouverte, rayonnante. Ceux de la France qui se referme.

Soyons les 23 avril et 7 mai une nouvelle fois à la hauteur.

Et au prochain président de savoir le contexte particulier qu’il aura à affronter. Et la nation merveilleuse qu’il aura à diriger. Des talents qu’elle contient. De l’énergie qu’elle a en elle. De la profondeur de son histoire.

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Le 15 mars 2011, en Syrie… Le début de l’horreur.

C’était juste il y a 6 ans. Nous étions encore dans l’enthousiasme et l’illusion des printemps arabes. C’était en fait le début d’une terrible tragédie. Trop souvent, nous regardons ailleurs, renonçons, nous résignons.

Ce film (Syrie : 6 ans de conflit – Vous regardez toujours ?) – à la limite du soutenable – nous rappelle ce que nous laissons faire.

Notre silence est assourdissant. Il y a bien eu des tentatives, singulièrement de la France, mais tout cela n’est pas à la hauteur.

Loin, très loin, du moment, des enjeux, des drames…

« Je vous embrasse avec le cœur »

romanes2J’étais hier soir avec quelques centaines d’habitants de la métropole au gala de soutien du cirque Romanes.

Nous les connaissons bien à Bordeaux et ce depuis quelques années. Nous apprécions leur poésie, la beauté décalée de leur spectacle, les propos d’Alexandre, les rappels à l’ordre de Délia quand il s’égare un peu, leur musique. Nous les suivons année après année. Dans leur périple. Croissance de leur notoriété. Et parfois péripéties, voire drame.

Ils n’en ont pas été loin cet hiver. Leur chapiteau et leurs caravanes saccagés à Paris. Un racisme bête, brutal en même temps banal. Depuis, ils se reconstruisent chez nous. Ils sont hébergés à Bordeaux et la mairie de Bègles leur a prêté chapiteau et caravanes.

Hier soir était l’occasion de les revoir une nouvelle fois, de s’émerveiller et de les soutenir.

Plus personnellement, cela m’a permis de les revoir de manière plus intime et intense. Je les connais depuis quelques années. Ça a commencé par un drôle de coup de fil. Mon portable qui sonne dans un très vieux tramway à Hiroshima. Et la voix d’Alexandre. Et pas loin comme toujours Délia. Qui n’a pu s’empêcher de me citer hier au milieu de la piste. Avec sa fin de phrase habituelle, et toujours aussi vibrante: « Je vous embrasse avec le cœur. Délia ».

(Ils sont encore pour quelques temps à Bordeaux et un système de finances solidaire a été mis en place pour les aider dans leur galère.)

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Des droits jamais acquis

9 mars 2017: 1er des 364 autres jours qui devrait aussi être ceux des droits des femmes.

Comme pour chaque journée ou semaine thématique, je ressens une certaine circonspection sur ces feux d’artifice parfois sans lendemain. En même temps, ces événements ont l’immense mérite de nous obliger au moins une fois par an à nous interroger et à faire le bilan. Et surtout d’enclencher pour la suite.

Voici donc quelques liens et textes utiles pour que la question des droits des femmes irrigue au quotidien les politiques publiques et les actions privés.

D’abord une alerte. Cette phrase de Simone de Beauvoir est plus que jamais d’actualité: « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Or, nous sommes en période de crise, voire de régression. Les droits des femmes, de manière pas du tout anodine, sont particulièrement ciblés : propos et comportement de Trump, nouvelle législation en Russie, offensive conservatrice en Europe occidentale, politique de Daesh… Le journal de France Culture d’hier matin était particulièrement pertinent dans ses analyses : Les droits des femmes en régression dans les pays développés ?

Ensuite, un partage et une suggestion. La question de la représentation, de la parole dans les lieux publics est tout sauf neutre… Trop souvent, on entend qu’on n’a pas trouvé d’intervenantes pour tel et tel sujet. Depuis des années, le site Les Expertes propose des noms d »expertes » thème par thème. Ce site est vraiment remarquable, tout comme sa NewsLetter. Il mériterait d’être décliné par Région et peut-être élargi à autres professions. En effet, les personnes et lieux ressources sont légion chez nous. Tant dans le domaine universitaire à la suite des travaux de Y. Raibaud, L. Franquet, E. Maruejouls… que dans les domaines des lieux ressources.

Enfin, une certaine fierté, à savoir ce que ce quinquennat a fait pour le droit des femmes.  Le blog de mon ami Guillaume Bachelay qui comme toujours allie synthèse et limpidité.

Et puis, il y a bien sûr tout ce que les collectivités locales font chez nous, à la ville, la métropole, au département et à la région. Elles ont maintenant presque toutes signé la charte européenne pour l’égalité des droits des femmes et des hommes dans la vie locale. Ce que je préconisais dans le rapport que j’avais remis à la Ministre des droits des Femmes, Najat Vallaud Belkacem à l’été 2013.

droit des femmes

« Je le jure »

C’est ainsi que j’ai répondu ce vendredi 3 février à la demande très solennelle du Premier Président de la Cour des Comptes : « Vous jurez de bien et fidèlement remplir vos fonctions, de garder le secret des délibérations et de vous comporter en tout comme un digne et loyal magistrat ? ».

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Je suis donc depuis quelques jours magistrat financier.

C’est un nouveau métier et pas des moindres.

En ce moment particulier, comme les seize autres magistrats qui ont été installés lors de cette audience solennelle, j’ai appris officiellement dans quelle chambre je serai versé.

Les chambres sont l’équivalent des commissions dans les collectivités locales ou au parlement, ou des sections au Conseil d’Etat.

Je suis affecté à la deuxième chambre. Elle a en charge la défense, l’industrie, l’énergie, le commerce extérieur, le commerce et l’artisanat, les PME, les professions libérales, le tourisme et les anciens combattants.

Comme tout membre des juridictions financières, je veillerai à la bonne application de l’Article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens qui figure au fronton de la salle d’audience : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».

Plus précisément, j’exercerai les 4 missions de tout magistrat de la Cour des comptes :

  • Certifier.
  • Contrôler.
  • Evaluer.
  • Juger (d’où le serment).

Mon quotidien professionnel sera celui d’un Conseiller maître :

  • La conduite de plusieurs missions de fond par an, à l’image d’un Senior dans un cabinet d’audit ou de conseil. Elles débouchent toujours sur un rapport, public ou non. Une fois par an, la Cour publie son rapport public annuel nourri d’une infime partie des travaux de l’année écoulée. Aujourd’hui, le rapport public annuel 2017 a été présenté : Disponible ici
  • La participation aux délibérés. En effet, tous les rapports comprennent plusieurs étapes et sont issus d’une délibération collégiale. Ce principe de collégialité, comme celui de la contradiction fait partie des quelques valeurs cardinales de la Cour.
  • La formation permanente et indispensable pour garantir l’excellence des membres de la Cour (à un degré d’intensité que je n’ai jamais vu dans d’autres institutions)
  • La participation éventuelle à des organismes extérieurs au titre de la Cour (Cour de discipline budgétaire, Etablissement National des Invalides de la Marine, Cour nationale du droit d’asile…).

Et tout cela en respectant une charte d’éthique particulièrement claire. Je la joins en annexe : Disponible ici

Je suis sûr que certains s’y plongeront avec ravissement…

Il me faudra m’organiser pour mener cette tâche à bien tout en continuant d’honorer mes mandats locaux. Ce ne sera pas aisé, mais il y a des précédents et je serai loin d’être le seul dans ce cas..

J’ai ainsi à la Cour plusieurs collègues maires, présidents d’intercommunalités, conseillers départementaux, régionaux… Et même une candidate aux élections législatives dans la 5e circonscription de la Gironde.

Ces deux vies s’articuleront et se nourriront aussi. Dans les deux cas : la passion de la chose publique et la fierté de servir la République. Dans les deux cas, la conscience que nos concitoyens veulent plus de transparence, d’explications, conditions nécessaires à une pertinente participation.

A Bordeaux comme dans toute la France.

 

 

Barack Obama

Et dire qu’il y a 8 ans, j’étais à la cérémonie d’investiture de Barack Obama…

Il est des souvenirs qui vous reviennent. Parfois brutalement. Ils surgissent et rappellent, le chemin parcouru, les changements mais aussi les égarements.

Il y a 8 ans donc, j’étais à Washington à la cérémonie d’investiture de Barack Obama. Sur ma propre initiative et par envie surtout. J’y avais acheté des Goodies dans les dizaines de magasins éphémères qui s’étaient ouverts juste pour quelques jours, voire quelques heures. Parmi eux ce bonnet. Un peu usé maintenant.

Nous étions des dizaines de milliers à y être. Ils étaient des dizaines de millions à suivre la cérémonie à la télévision. Un fol espoir. Le retour d’un « Tout est possible » version positive.

Barack Obama en était la preuve vivante. Internet nous promettait de nouveaux horizons de libertés et de démocraties. Après les années Bush, un autre ordre mondial allait pouvoir se mettre en place.

Rétrospectivement, c’était une époque d’optimisme réel. Bien sûr la crise économique sévissait depuis les années 70, mais nous ne mesurions pas l’effet de dominos presque sans fin de l’explosion de la bulle des subprimes. Le terrorisme djihadiste avait déjà fait de trop nombreuses victimes, mais nul Etat Islamique à l’horizon. La Turquie apparaissait même comme un modèle possible alliant justement islam, démocratie et forte croissance économique.

Il serait possible de multiplier les exemples. Ils seraient par trop déprimants. Tel n’est pas mon propos. Il est juste de dire qu’en quelques années, oui, nous sommes entrés effectivement dans un autre moment de l’Histoire.

Je crois profondément aux cycles et aux séquences. Il ne s’agit ni d’économie ni de communication, mais d’une espèce de lecture attentive et personnelle de l’Histoire. De 1945 à la fin des années 70, se sont déroulées trois décennies incroyables. Fruits des traumatismes de la guerre mais aussi de la détermination à inventer un nouveau monde, elles ont allié croissances économiques, progrès sociaux, émancipation sociétale et progression de la démocratie. Quelque part vers la fin des années 70, nous sommes passés à autre chose. Le triomphe des libéralismes économique et politique : comme si le TINA de Margareth Thatcher a avait été planté tel une énorme enseigne lumineuse sur notre globe terrestre.

Cette soi-disant absence d’alternative est en train de nous exploser à la figure. Il existe toujours d’autres choix. C’est même une constante. Aujourd’hui, ils font peur. Ils ont pour nom populisme, totalitarisme, djihadistes… Ils ne surviennent pas par hasard. Ce n’est qu’un retour de bâton de la brutalité d’une hyperfinanciarisation, sorte de Moloch moderne engloutissant ressources naturelles, territoires périphériques, populations fragiles… Le Moloch grandit, renforce certains mais épuise surtout.

Ce modèle est à bout. Clairement. Le problème est de savoir quelle nouvelle vision on lui oppose. La technique et la gestion ne sont pas une vision. La nostalgie ne constitue pas une solution.

Non, il faut inventer. Quelques évidences nous sautent désormais au visage.

Le monde est fini, unique et ses ressources sont limitées, voire en voie d’extinction.

La démocratie n’est pas une réalité inébranlable.

L’horizontalité et les alliances portent probablement des solutions insoupçonnées. Mais la France, vieux pays, se pensant universel et très centralisé n’est pas forcément la mieux à même de saisir ses opportunités.

Les mains invisibles donnent plus souvent des claques que des caresses.

Nous en sommes là. Un peu vertigineux. Mais aussi terriblement enthousiasmant. La fluidité est de retour. Pour le meilleur et le pire. Mais elle est la. Tout est possible avec ténacité, lucidité, humilité et fidélité à nos valeurs.

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