« Je vous embrasse avec le cœur »

romanes2J’étais hier soir avec quelques centaines d’habitants de la métropole au gala de soutien du cirque Romanes.

Nous les connaissons bien à Bordeaux et ce depuis quelques années. Nous apprécions leur poésie, la beauté décalée de leur spectacle, les propos d’Alexandre, les rappels à l’ordre de Délia quand il s’égare un peu, leur musique. Nous les suivons année après année. Dans leur périple. Croissance de leur notoriété. Et parfois péripéties, voire drame.

Ils n’en ont pas été loin cet hiver. Leur chapiteau et leurs caravanes saccagés à Paris. Un racisme bête, brutal en même temps banal. Depuis, ils se reconstruisent chez nous. Ils sont hébergés à Bordeaux et la mairie de Bègles leur a prêté chapiteau et caravanes.

Hier soir était l’occasion de les revoir une nouvelle fois, de s’émerveiller et de les soutenir.

Plus personnellement, cela m’a permis de les revoir de manière plus intime et intense. Je les connais depuis quelques années. Ça a commencé par un drôle de coup de fil. Mon portable qui sonne dans un très vieux tramway à Hiroshima. Et la voix d’Alexandre. Et pas loin comme toujours Délia. Qui n’a pu s’empêcher de me citer hier au milieu de la piste. Avec sa fin de phrase habituelle, et toujours aussi vibrante: « Je vous embrasse avec le cœur. Délia ».

(Ils sont encore pour quelques temps à Bordeaux et un système de finances solidaire a été mis en place pour les aider dans leur galère.)

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Des droits jamais acquis

9 mars 2017: 1er des 364 autres jours qui devrait aussi être ceux des droits des femmes.

Comme pour chaque journée ou semaine thématique, je ressens une certaine circonspection sur ces feux d’artifice parfois sans lendemain. En même temps, ces événements ont l’immense mérite de nous obliger au moins une fois par an à nous interroger et à faire le bilan. Et surtout d’enclencher pour la suite.

Voici donc quelques liens et textes utiles pour que la question des droits des femmes irrigue au quotidien les politiques publiques et les actions privés.

D’abord une alerte. Cette phrase de Simone de Beauvoir est plus que jamais d’actualité: « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Or, nous sommes en période de crise, voire de régression. Les droits des femmes, de manière pas du tout anodine, sont particulièrement ciblés : propos et comportement de Trump, nouvelle législation en Russie, offensive conservatrice en Europe occidentale, politique de Daesh… Le journal de France Culture d’hier matin était particulièrement pertinent dans ses analyses : Les droits des femmes en régression dans les pays développés ?

Ensuite, un partage et une suggestion. La question de la représentation, de la parole dans les lieux publics est tout sauf neutre… Trop souvent, on entend qu’on n’a pas trouvé d’intervenantes pour tel et tel sujet. Depuis des années, le site Les Expertes propose des noms d »expertes » thème par thème. Ce site est vraiment remarquable, tout comme sa NewsLetter. Il mériterait d’être décliné par Région et peut-être élargi à autres professions. En effet, les personnes et lieux ressources sont légion chez nous. Tant dans le domaine universitaire à la suite des travaux de Y. Raibaud, L. Franquet, E. Maruejouls… que dans les domaines des lieux ressources.

Enfin, une certaine fierté, à savoir ce que ce quinquennat a fait pour le droit des femmes.  Le blog de mon ami Guillaume Bachelay qui comme toujours allie synthèse et limpidité.

Et puis, il y a bien sûr tout ce que les collectivités locales font chez nous, à la ville, la métropole, au département et à la région. Elles ont maintenant presque toutes signé la charte européenne pour l’égalité des droits des femmes et des hommes dans la vie locale. Ce que je préconisais dans le rapport que j’avais remis à la Ministre des droits des Femmes, Najat Vallaud Belkacem à l’été 2013.

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« Je le jure »

C’est ainsi que j’ai répondu ce vendredi 3 février à la demande très solennelle du Premier Président de la Cour des Comptes : « Vous jurez de bien et fidèlement remplir vos fonctions, de garder le secret des délibérations et de vous comporter en tout comme un digne et loyal magistrat ? ».

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Je suis donc depuis quelques jours magistrat financier.

C’est un nouveau métier et pas des moindres.

En ce moment particulier, comme les seize autres magistrats qui ont été installés lors de cette audience solennelle, j’ai appris officiellement dans quelle chambre je serai versé.

Les chambres sont l’équivalent des commissions dans les collectivités locales ou au parlement, ou des sections au Conseil d’Etat.

Je suis affecté à la deuxième chambre. Elle a en charge la défense, l’industrie, l’énergie, le commerce extérieur, le commerce et l’artisanat, les PME, les professions libérales, le tourisme et les anciens combattants.

Comme tout membre des juridictions financières, je veillerai à la bonne application de l’Article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens qui figure au fronton de la salle d’audience : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».

Plus précisément, j’exercerai les 4 missions de tout magistrat de la Cour des comptes :

  • Certifier.
  • Contrôler.
  • Evaluer.
  • Juger (d’où le serment).

Mon quotidien professionnel sera celui d’un Conseiller maître :

  • La conduite de plusieurs missions de fond par an, à l’image d’un Senior dans un cabinet d’audit ou de conseil. Elles débouchent toujours sur un rapport, public ou non. Une fois par an, la Cour publie son rapport public annuel nourri d’une infime partie des travaux de l’année écoulée. Aujourd’hui, le rapport public annuel 2017 a été présenté : Disponible ici
  • La participation aux délibérés. En effet, tous les rapports comprennent plusieurs étapes et sont issus d’une délibération collégiale. Ce principe de collégialité, comme celui de la contradiction fait partie des quelques valeurs cardinales de la Cour.
  • La formation permanente et indispensable pour garantir l’excellence des membres de la Cour (à un degré d’intensité que je n’ai jamais vu dans d’autres institutions)
  • La participation éventuelle à des organismes extérieurs au titre de la Cour (Cour de discipline budgétaire, Etablissement National des Invalides de la Marine, Cour nationale du droit d’asile…).

Et tout cela en respectant une charte d’éthique particulièrement claire. Je la joins en annexe : Disponible ici

Je suis sûr que certains s’y plongeront avec ravissement…

Il me faudra m’organiser pour mener cette tâche à bien tout en continuant d’honorer mes mandats locaux. Ce ne sera pas aisé, mais il y a des précédents et je serai loin d’être le seul dans ce cas..

J’ai ainsi à la Cour plusieurs collègues maires, présidents d’intercommunalités, conseillers départementaux, régionaux… Et même une candidate aux élections législatives dans la 5e circonscription de la Gironde.

Ces deux vies s’articuleront et se nourriront aussi. Dans les deux cas : la passion de la chose publique et la fierté de servir la République. Dans les deux cas, la conscience que nos concitoyens veulent plus de transparence, d’explications, conditions nécessaires à une pertinente participation.

A Bordeaux comme dans toute la France.

 

 

Barack Obama

Et dire qu’il y a 8 ans, j’étais à la cérémonie d’investiture de Barack Obama…

Il est des souvenirs qui vous reviennent. Parfois brutalement. Ils surgissent et rappellent, le chemin parcouru, les changements mais aussi les égarements.

Il y a 8 ans donc, j’étais à Washington à la cérémonie d’investiture de Barack Obama. Sur ma propre initiative et par envie surtout. J’y avais acheté des Goodies dans les dizaines de magasins éphémères qui s’étaient ouverts juste pour quelques jours, voire quelques heures. Parmi eux ce bonnet. Un peu usé maintenant.

Nous étions des dizaines de milliers à y être. Ils étaient des dizaines de millions à suivre la cérémonie à la télévision. Un fol espoir. Le retour d’un « Tout est possible » version positive.

Barack Obama en était la preuve vivante. Internet nous promettait de nouveaux horizons de libertés et de démocraties. Après les années Bush, un autre ordre mondial allait pouvoir se mettre en place.

Rétrospectivement, c’était une époque d’optimisme réel. Bien sûr la crise économique sévissait depuis les années 70, mais nous ne mesurions pas l’effet de dominos presque sans fin de l’explosion de la bulle des subprimes. Le terrorisme djihadiste avait déjà fait de trop nombreuses victimes, mais nul Etat Islamique à l’horizon. La Turquie apparaissait même comme un modèle possible alliant justement islam, démocratie et forte croissance économique.

Il serait possible de multiplier les exemples. Ils seraient par trop déprimants. Tel n’est pas mon propos. Il est juste de dire qu’en quelques années, oui, nous sommes entrés effectivement dans un autre moment de l’Histoire.

Je crois profondément aux cycles et aux séquences. Il ne s’agit ni d’économie ni de communication, mais d’une espèce de lecture attentive et personnelle de l’Histoire. De 1945 à la fin des années 70, se sont déroulées trois décennies incroyables. Fruits des traumatismes de la guerre mais aussi de la détermination à inventer un nouveau monde, elles ont allié croissances économiques, progrès sociaux, émancipation sociétale et progression de la démocratie. Quelque part vers la fin des années 70, nous sommes passés à autre chose. Le triomphe des libéralismes économique et politique : comme si le TINA de Margareth Thatcher a avait été planté tel une énorme enseigne lumineuse sur notre globe terrestre.

Cette soi-disant absence d’alternative est en train de nous exploser à la figure. Il existe toujours d’autres choix. C’est même une constante. Aujourd’hui, ils font peur. Ils ont pour nom populisme, totalitarisme, djihadistes… Ils ne surviennent pas par hasard. Ce n’est qu’un retour de bâton de la brutalité d’une hyperfinanciarisation, sorte de Moloch moderne engloutissant ressources naturelles, territoires périphériques, populations fragiles… Le Moloch grandit, renforce certains mais épuise surtout.

Ce modèle est à bout. Clairement. Le problème est de savoir quelle nouvelle vision on lui oppose. La technique et la gestion ne sont pas une vision. La nostalgie ne constitue pas une solution.

Non, il faut inventer. Quelques évidences nous sautent désormais au visage.

Le monde est fini, unique et ses ressources sont limitées, voire en voie d’extinction.

La démocratie n’est pas une réalité inébranlable.

L’horizontalité et les alliances portent probablement des solutions insoupçonnées. Mais la France, vieux pays, se pensant universel et très centralisé n’est pas forcément la mieux à même de saisir ses opportunités.

Les mains invisibles donnent plus souvent des claques que des caresses.

Nous en sommes là. Un peu vertigineux. Mais aussi terriblement enthousiasmant. La fluidité est de retour. Pour le meilleur et le pire. Mais elle est la. Tout est possible avec ténacité, lucidité, humilité et fidélité à nos valeurs.

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Dernier jour à l’Elysée

982e et dernière journée à l’Elysée.

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15 janvier 2017. Nouvelle conférence à Paris pour la paix au Proche Orient. Remise des prix pour une nouvelle promotion de la France s’engage. Rendez-vous plus ou moins discrets pour le président de la République. Bref, dimanche habituel à défaut d’être normal pour François Hollande.

Un jour bien plus particulier pour moi. Le dernier à l’Elysée. Les cartons en train de se faire. Les cadres que je décroche…

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Pas question de faire ici le bilan. Trop tôt encore pour celui de la mandature. Incongru pour celui qui me concerne personnellement.

Non. Juste un au revoir à ces objets qui m’ont accompagné pendant ces presque trois années. Le bureau. Celui de Danielle Mitterrand puis Bernadette Chirac. La télévision qui diffuse le second débat de la Primaire de gauche. Les dizaines de cahiers noircis retraçant presque heure par heure ces moments si particuliers. Mélange d’enthousiasme, de fierté, de frustration, elysée 4de regrets et toujours de concentration, de précision et d’intensité. Les menus des repas avec le président. Ils sont remis à chaque convive. Plus d’une centaine. Il manque juste le contenu de tous les plateaux repas ! Les ordinateurs. Fixes et portables. Avec un token permettant le cryptage pour le second. Le téléphone Samsung lui aussi crypté et tellement plus compliqué que n’importe quel autre. Un sujet de conversations sans fin… Les livres – toujours et partout – auprès de moi. La carte d’identité professionnelle que je vais rendre dans quelques minutes à la loge d’honneur.

Il manque bien sûr le plus important : les personnes. Mais, ça, ce sera pour une autre fois.

En attendant, demain sera, comme toujours, un autre jour. Et immanquablement, cette envie de voir ce qu’il va m’offrir.

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Ce Jeudi 1er décembre 2016, au matin.

« Vincent, tu peux monter voir le président ? ».

Je sortais donc de mon bureau, l’ancien de Danielle Mitterrand, situé dans l’aile Madame. C’est la partie privée de l’Elysée. Loin des autres conseillers mais proche du bureau du Président. J’empruntais le long couloir, presque toujours vide. Il se remplit juste au moment des journées du patrimoine et devient alors un lieu de réserve.

Comme souvent, je montais l’escalier d’honneur quatre à quatre. Selon l’intensité de mes entrainements au marathon à 05h30 le matin, je suis plus ou moins fourbu. Et les huissiers – gendarmes car l’Elysée est une administration militaire – sourient, me plaignent, discutent de leurs propres performances sportives, largement supérieures aux miennes…

 J’arrivais sur le grand palier avec les présidents décédés de la Ve République portraiturés, dans toute leur hauteur. Les huissiers allèrent selon le rituel, frapper à la porte du Président, et j’eus droit au très habituel ”Monsieur Feltesse”.

Puis le bureau. Immense. Prestigieux. Peu fonctionnel comme presque tout dans ce bâtiment vieux de 3 siècles.

Les discussions avec le président ne se font presque jamais debout.

 Il y a trois endroits pour s’asseoir. Sur les deux sièges face à son bureau. C’est plutôt rare et toujours pour des discussions brèves. Les fauteuils plus moelleux, avec le PR en face. Séparé de ses interlocuteurs par une petite table basse en verre. C’est la scène que l’on voit le plus souvent sur les photos officielles. A mon niveau, pour les discussions plus à bâton rompu. Et enfin, la petite table ovale. Une table de travail collective. Nous nous assîmes donc autour de cette table.

Il ne s’agissait plus de discuter. Nous l’avions fait de nombreuses fois de des semaines. En tête à tête, de manière plus collective. Avec des personnes de l’Elysée. Des extérieurs. Et je ne parle que de mon niveau.

Le président avait un texte sous les yeux, une déclaration. Un texte imprimé. Avec, comme toujours, là encore, ses petites annotations manuscrites. En bleu.

 J’en devinais la tonalité. L’évidence s’était révélée par petite touche.

Depuis lundi après-midi, un doute croissant nous habitait. Nous les trois qu’il avait fait venir pour nous débriefer de son déjeuner avec le Premier Ministre: Jean Pierre Jouyet, Gaspard Gantzer et moi… Ce doute s’était aussi répandu parmi les compagnons politiques les plus proches.

La semaine du 21 novembre avait été un condensé du quinquennat: nouvel attentat massif déjoué, baisse des chiffres du chômage, COP22 à Marrakech qui rappelait par contraste à quel point le COP21 avait été un succès… Bref, plusieurs indicateurs au vert. Mais à la fin, un week-end terrible politiquement. Le paroxysme de la tactique.

Lorsque le président s’était envolé pour Madagascar, nous avions une seule certitude: il fallait aller vite. Une date butoir avait même été évoquée, le lundi 5 décembre. D’ici là, le suspens devait avoir pris fin…

Donc depuis ce lundi après-midi le doute, me, nous taraudait, habitait.

En ce jeudi 1er décembre, il n’existait plus. Le président était face à moi. Le texte sous le yeux. Il allait me le lire dans le silence permanent de l’Elysée. C’est peut être une des choses les plus marquantes de ce lieu. Il n’y a pas de bruit.

Avant de commencer, il me demanda de chronométrer. Le message pour être percutant doit être bref.

Cinq minutes et quarante-sept secondes plus tard, c’était donc fini. Le soir, à 20h00, l’allocution finale sera un peu plus longue. Cinq ans et six mois plus tôt, le 31 mars à Tulle, la déclaration de la candidature à l’élection présidentielle par les primaires citoyennes avait duré huit minutes et onze secondes.

“Tu as ressenti quoi à ce moment ?”, cette question, je l’ai souvent entendue depuis que je suis à l’Elysée. Les événements ne nous ont pas épargnés. Bien sûr les attentats, mais pas que… En fait, dans de tels moments, j’essaye de ne pas ressentir grand-chose. Il en est de même de la plupart des proches collaborateurs. A l’Elysée, on ne regarde pas l’Histoire, avec un H oscillant entre la taille 7 et 24 de la typographie. On y participe. L’action nécessite la mise à distance des sentiments. Bien sûr, ils sont là. Reviennent parfois brutalement.

Cette fois ci, l’action consista à dire que le texte était de grande tenue. Aussi que les dernières lignes pouvaient être radicalement différentes. Une déclaration de l’Elysée faisait partie des scénari pour une entrée en campagne. La compatibilité juridique avait même été vérifiée.

 Mais, il n’en était rien. La décision était là: prise, arrêtée, mesurée… Lourde, très lourde.

Quelques remarques sur les formules, une idée rajoutée. Et puis le balayage de la journée, quart d’heure par quart d’heure. La liste des personnes à appeler.

L’ordre de ces appels. L’heure de ces appels. Les arguments à envoyer dès la fin de l’intervention télévisée.

Et surtout, l’interdiction formelle d’en parler. Rien. Même faire attention à ce que le corps ne trahisse quoi que ce soit.

Ce jeudi 1er décembre au matin…

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Bordeaux

La politique, c’est d’abord œuvrer pour la chose publique. Elle a aussi ses caractéristiques périphériques :  romanesque – tout est toujours possible, cruelle – l’engagement n’est pas toujours compris, ni récompensé et surtout surprenante.

Nous venons d’en avoir une nouvelle preuve. J’ai donc en ce jour précis où Alain Juppé revient pour se consacrer pleinement à Bordeaux, une pensée particulière, amicale même. La défaite est certes là, mais le combat mené le fut avec détermination et courage.

C’est surtout de notre ville et de notre métropole que je souhaite parler.

Cela fait un peu plus de 2 ans que Bordeaux s’est mis à anticiper, intégrer le départ de son maire. Cela vaut aussi pour les acteurs économiques, sociaux, administratifs, politiques. Sauf improbable rebondissement, il n’en sera rien. Il va donc y avoir une longue phase de remise en place, de retour des réflexes, bons ou mauvais. Les soubresauts seront nécessairement là. Ils se feront sous les feux déclinant des médias nationaux. Gageons que Bordeaux risque de devenir moins tendance.

Il s’agit maintenant de reprendre le métier et de voir, ce que nous souhaitons pour les années à venir. Avec cette nouvelle donne.

Je le dis, volontiers et régulièrement, la dynamique est là et bien là.

Mais elle repose très largement sur des projets impulsés, il y a quelques années et il faut comme toujours préparer le futur.

Des étapes ont été franchies : remise à niveau urbain, accession ou presque au rang des métropoles avec ses fonctionnalités, ses passages obligés  (Grande Vitesse, Grand Stade, Grandes Opérations d’Aménagement…).

Les fragilités sont tout aussi présentes : grande pauvreté, flambée des prix immobiliers, manque de logement social, insuffisance des emplois pour les nouveaux venus et singulièrement les conjoints, mobilité, propreté, sans parler des problématiques environnementales, présentes ici comme dans le monde entier.

Le jour même du débat du second tour des Primaires, on apprenait que la température dans l’Artique était 20 degré au dessus des normales saisonnières.  Pourtant pas un mot sur l’écologie dans ce débat, comme dans de trop nombreux autres.

Si je m’attarde sur ce point, c’est que mon intuition, plus ma conviction, sont que notre avenir devra prendre en compte ces questions. En quelques années les choses ont basculé, le modèle consumériste, allié depuis plusieurs décennies à déréglementation et financiarisation de l’économie,  ne peut perdurer. J’avais un temps utilisé le  concept de « métropole dissidente ». Il était probablement trop complexe et ambivalent. Mais il y a quelque chose. Comme dans la notion de métropole décarbonée.

C’est donc tout cela qu’il nous faut construire ensemble.

Car les nouveaux modèles doivent aussi et surtout concerner la chose publique.

Le succès des Primaires de la droite après celles de la gauche en 2011, les crises à répétition de la gauche de Gouvernement en France, mais aussi ailleurs, la déferlante populiste et conservatrice nous l’impose encore plus. Il nous faut  rester fidèle à nos valeurs -Gauche, Humanisme, Ecologie – être dans le faire, mais en adoptant de nouvelles solutions et de nouvelles méthodes pour construire notre avenir en commun.

Le 12 décembre aura lieu l’Assemblée générale extraordinaire de Bordeaux Métropole des quartiers, le collectif que j’ai déjà évoqué. Cette démarche se veut résolument ouverte. Si vous voulez vous y associer, c’est simple :  suivez ce lien et participez à nos échanges et à la construction de notre projet pour Bordeaux et la métropole.

A très vite.

Amicalement.

Vincent Feltesse.

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