Premier billet

L’actualité politique locale a été particulièrement agitée ces dernières semaines me concernant. Je ne suis pas sûr que l’image de la politique en soit sortie grandie. L’époque médiatique et numérique, que je connais bien, incline de plus en plus aux surenchères, aux dérives, aux expositions, aux petites phrases, aux 140 caractères… Il me paraît au contraire important de reprendre un temps plus long, de réflexion, d’échanges, de convictions, de doutes. C’est le sens de ce blog que j’ouvre aujourd’hui. Je l’alimenterai régulièrement. Sur des registres bordelais, métropolitains, mais aussi nationaux et internationaux. L’analyse pourra être parfois factuelle. Les sentiments plus intimes.

Ce premier billet reviendra moins sur les derniers événements que sur les perspectives. En terme de mois et d’années.

La nécessité de préparer l’après Juppé.

Il m’est généralement reconnu une capacité de vision et de réalisations. Je l’ai montrée, pendant plus de 13 ans, comme maire de Blanquefort, puis président de la Communauté Urbaine de Bordeaux de 2007 à 2014.

Aujourd’hui, notre ville et notre métropole connaissent une dynamique saluée de tous. La Décennie bordelaise que j’avais théorisée dans un ouvrage écrit en 2012 est bien là. Mais tous ces projets, ou presque, qui se concrétisent mois après mois sous nos yeux – poursuite du tramway, arrivée de la LGV et Opération Euratlantique, ponts Chaban et Jean-Jacques Bosq, essor du numérique, campus Thalès, opération 50.000 logements, grandes opérations d’aménagement … – sont ceux que moi-même avais initiés pendant des années. En partenariat avec les maires de la Métropole, Alain Juppé et d’autres.

Il nous faut maintenant nous projeter dans l’après. Avec de nouveaux projets. Des méthodes différentes.

Ce seront nécessairement aussi d’autres personnalités. Quel que soit le résultat des Primaires de la droite puis des élections présidentielles, Alain Juppé a dit qu’il ne se représenterait pas. C’est donc une page de près d’un quart de siècle qui est sur le point de se tourner.

Emprunter des chemins de traverse, correspondant au moment et au bouillonnement de la ville. 

Ce ne sont pas juste les façades ravalées, les transports modernisés, les ponts construits, les nouveaux quartiers livrés qui ont changé Bordeaux ces dernières années. C’est nous même, nos origines, notre diversité, notre manière de faire ou de ne pas faire. La ville est aujourd’hui le lieu d’un véritable bouillonnement associatif, citoyen… Cela n’empêche bien sûr pas les difficultés, les relégations, les exclusions… Mais le potentiel est là. Enorme. En quelques années, notre monde est passé d’une organisation verticale –singulièrement en France – à une véritable horizontalité. A nous de construire notre futur d’une autre manière.

Cette intuition, je l’ai depuis des années. J’ai mené ma campagne de Blanquefort en 2001 sur ces principes. J’ai fait émerger l’idée de métropole bordelaise, avec ce que nous avons appelé la « Fabrique métropolitaine » qui a mélangé tous les acteurs : privés, publics, économiques, associatifs, de Bordeaux et d’ailleurs…

Tout en étant et restant militant du Parti socialiste, j’ai toujours eu à cœur de l’ouvrir. Là, aussi je l’ai fait par les adhérents par internet en 2006 qui ont fait venir des dizaines de milliers de personnes. Ou plus récemment en 2012 par la campagne massive de porte à porte qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes.

C’est aujourd’hui le sens du collectif que nous avons mis en place depuis des mois avec les acteurs locaux. Il se nomme Bordeaux 2020, Métropole des Quartiers. Il connaîtra dans les jours qui viennent un nouvel essor.

C’est la méthode que nous vous proposons pour bâtir notre avenir.

Etre fidèle à ce que l’on est et à ceux que l’on accompagne. 

C’est donc un travail exaltant et de longue haleine qui est devant nous. Il ne sera pas facile. L’adversité ou les adversités seront là. Les incompréhensions et les crispations sûrement aussi mais, il sera enthousiasmant, fructueux. Il va progressivement monter en puissance et débouchera sur un premier bilan d’étape à l’été 2017.

Je m’y engage, pour quelques mois encore en parallèle de mon activité professionnelle actuelle. Elle n’est pas anodine : proche conseiller du président de la République. Les difficultés sont là mais la fidélité et la ténacité aussi. Et ce n’est pas au moment où les chocs sont rudes, qu’il est question de lâcher. Bien au contraire.

Enfin, les élections législatives.

Je ne serai pas candidat. Sur aucune circonscription. Depuis le 6 octobre, j’ai beaucoup discuté, échangé, entendu. Avec les uns et les autres. Au niveau bordelais, mais aussi métropolitain et national. Avec des élus, des militants mais aussi de très nombreuses personnalités hors de l’appareil. Mon objectif était de définir la meilleure stratégie. Pour Bordeaux. Pour les autres villes de la métropole. Pour les législatives et aussi pour les municipales. Malgré le tumulte et les cris, j’ai pris cette décision de manière déterminée et sereine. Je l’ai communiquée durant le weekend du 29 octobre aux responsables locaux et nationaux du PS. Cette page là aussi se tourne. A nous l’avenir.

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